Borhane Alaouié

Introduction

 
 

J’ai découvert les films de Borhane Alaouié en Belgique, alors que j’étais moi-même en exil… volontaire. Ces lettres filmées m’ont fortement touchée, entre autre, parce qu’elles parlaient, elles aussi, d’exil. Dans le cas de Borhane, cependant, il n’y avait pas d’autre choix possible que fuir. La guerre, les guerres, le Liban. Ce pays que l’on comparaît si volontiers à la Suisse, perdu au milieu d’un conflit qui dure depuis un demi-siècle, le déchirant et le vidant de son sang. Les films de Borhane parlent de cela : de vide, de déchirure, de manque et de violence. Ils expriment la douleur de ses compatriotes, éparpillés ici et ailleurs, au travers d’un monde qui oublie vite tous ces conflits lointains.
Alors Borhane se souvient et rappelle. En donnant la parole aux exilés, aux combattants et aux combattus, il parle de cette guerre sans fin et de ses séquelles.
En 1984, au Liban d’abord, au travers d’une " Lettre d’un temps de guerre ", il évoque la barbarie et le quotidien de la guerre. En Europe, ensuite, en 1988, avec " Lettre d’un temps d’exil ", il donne la parole aux émigrés libanais égarés qui rêvent, un jour, de revoir Beyrouth et qui ne savent plus vivre en paix. Enfin, 14 ans plus tard, dans " A toi où que tu sois ", le réalisateur retrouve Beyrouth, sa ville d’enfance, et ne la reconnaît plus.
Il est impossible d’oublier l’exil, d’effacer une guerre. Les gens sont malades, la ville est malade.
" Et toi, tu as tant vécu … "

J.B.

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