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| LE SANG DES BETES | ||
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Un documentaire sur les abattoirs de Vaugirard
(15e) et ceux de La Villette (19e) dans les années d'après-guerre,
décrivant avec précision l'abattage et le dépeçage
des bêtes.
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| de Georges Franju (France,1949, 21 min, 35mm, vo française) | ||
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Georges Franju, cinéaste du « noble
et de l'ignoble », réalisateur du film Le sang des bêtes
(1948), explique ainsi : « J'y suis allé seul d'abord
[à la Villette], je suis rentré chez moi, j'ai caché
tous les couteaux et j'ai encore cette obsession qui me reste, je ne peux
pas supporter les couteaux, ah ça je m'en remettrai jamais, non
bien sûr si j'ai fait ça, c'est quand même que j'avais
une attirance bien sûr, mais si les gens en voyant le film sont
éprouvés, personne n'en bavera autant que moi ».
Comment ne pas être « éprouvé »
par le « lyrisme tragique » des lieux que Franju
nous donne à voir (si l'on consent toutefois à regarder ;
plusieurs participants en effet n'ont pu voir certaines parties du film
que les yeux fermés, ce qui ne les a du reste que très partiellement
« protégés » à cause de la
forte présence émotionnelle de la bande son !). Ainsi
qu'en témoigne un éleveur aujourd'hui à la retraite
et qui avait assisté enfant à une projection de ce film,
organisée par son instituteur, « pour les enfants de
paysans uniquement » : « C'est après
cinquante années que j'ai revu le troublant film de Georges Franju.
Images fortes, images dans un premier temps enfouies par la peur de voir
sur le front des bufs apparaître la trace mortelle du merlin,
de voir s'écrouler à mes pieds le cheval tenu par la bride,
images qui s'exhument, culpabilisantes à mes yeux d'enfant par
la mort provoquée d'un vieux compagnon de travail qu'était
ce doux cheval blanc, de cette vache au ftus jeté, mère
tuée, de ces innocents décapités, inévitable
glissement sur nos propres peurs, nos propres angoisses
».
Georges Franju
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LES SAISONS de Artavazd Pelechian |
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Nous avons le plaisir d'annoncer que les séances du mercredi 15 et samedi 25 seront enrichies d'un film supplémentaire: LES SAISONS de Artavazd Pelechian (Arménie, 1972, 35') Comme un dieu humaniste, Pelechian met en scène les éléments de la nature tout en se soumettant à eux et joue à traquer les contraires. Encore une fois, le montage crie dans la nuit, attendant l'écho des images dansantes. Même s'il tente de vivre par lui-même, l'homme fait partie intégrante de la nature: ses costumes de peau sont des morceaux d'animaux, les meules de foin dévalent les collines avec des humains dans leurs entrailles, l'écume et la neige dévorent les corps qui s'agrippent, pendant que "Les Quatre Saisons" de Vivaldi retrouvent toute leur profondeur, comme au jour de leur naissance. Marine Landrot P.S. Nous rappelons que Artavazd Pelechian fera l'objet d'une retrospective lors de la Biennale de l'Image en Mouvement et sera présent pour l'occasion. Evénement à ne pas manquer du 7 au 15 novembre 2003, à Saint-Gervais, Genève.
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| pour imprimer | ||