Hommage vibrant au cinéma muet et à la comédie bouffonne, Tuvalu prouve que le rêve se trouve au-delà du paradis, et que le paradis n’est pas forcément une île paradisiaque…
En un lieu inconnu, loin de notre monde, en un autre temps…

 

 
    TUVALU
 

 

Anton rêve de s’en aller parcourir les océans à bord de son bateau. En attendant, il officie comme maître nageur à la piscine dont son père Karl, un vieillard autoritaire et aveugle, est l’orgueilleux propriétaire. Jadis florissants et luxueux, les bains sont tombés dans l’oubli. Seul Karl croit encore tenir les rênes d’une maison de prestige, grâce à Anton, qui parvient à préserver l’illusion avec moult imagination.
Alors que son frère échafaude des plans machiavéliques afin de raser cette oasis désuète pour y bâtir des immeubles modernes, Anton fait la rencontre de la délicieuse Eva. Celle-ci entretient aussi le rêve d’un ailleurs merveilleux, mais a besoin pour fuir d’une pièce mécanique essentielle pour réparer son vieux rafiot, pièce qui se trouve au centre de la belle mécanique huilée des bains, seule machine bichonnée par Anton.
De besoins en tentations, les personnages circonvoluant autour de l’invraisemblable bâtisse - on y rencontre aussi des clochards, des “clients”, …- nous montrent à quel point l’être est dépendant des autres afin  d’assouvir ses fantasmes. Fellini, Caro et Jeunet, Kusturica ne sont pas très éloignés, et les rêves des adultes de ce film expressionniste ressemblent trop aux objets de désir de notre enfance pour nous laisser indifférents…
Tourné en noir et blanc, colorisé par la suite, sans dialogues mais avec une exacerbation des sentiments à travers la gestuelle et la mimique, le film évoque autant le conte surréaliste que le merveilleux. À voir avec ou sans les enfants, accessible dès 10 ans

M.W.

 

de Veit Helmer (Allemagne, 1999, 101 min.)
avec Denis Lavant, Chulpan Hamatova et Philippe Clay
 

 

 

 

 

 

 

Précédé de et pour le plaisir de revoir Denis Lavant:

 

 
SOFÖr (CHAUFFEUR) de Güldem Durmaz (Belgique, 2001,17 min.)
 

 

Istambul, un espace grand comme le monde.
Parmi des milliers de voitures, un homme conduit une automobile invisible
Parmi des milliers de passants, une Stamboulote saisie dans un instant de sa vie, sans hier, ni lendemain.
Au départ, pas de risque d’accident. L’histoire de deux corps qui se rencontrent. Le chauffeur et sa passagère. Deux pas à gauche ou deux pas à droite et le tableau tout entier se trouve modifié.

 

 

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