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| Les Garçons de Fengkuei | ||
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(...) Lart de Hou se déroule sans
jamais sarrêter. Les gestes et les parcours élémentaires
(manger, dormir, marcher, courir, se poser quelque part) de ces frères
imaginaires des gangsters maladroits de Goodbye South, Goodbye sont déterminants,
mais ne supposent pas la description dun folklore paresseux. Ils
constituent la matière vivante dun système libératoire.
Le plan, souvent large et fixe (grande affaire de Hou), reste ouvert au
passage de ce qui ne le concerne pas. La question, dès lors, nest
pas de se demander ou non sils sarrêteront un jour.
Il sagit plutôt de comprendre quici, le seul affrontement
qui vaille a lieu entre la permanence de ces gestes quotidiens et celle
des plans qui les accueillent. On cherche donc qui pourrait nourrir lautre.
Et lon découvre un système sans résolution.
Un cinéma dont le spectateur a le droit doublier des images
pour les remplacer par rien, sinon par les mêmes, répétées,
ça et là, dans les allées de ce film fluctuant, pléthorique,
remodelable.
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| Hou Hsiao-hsien (Taiwan,1983, 98') | ||
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Dans la première demi-heure, aux allures
de conte initiatique violent et péremptoire, quelque part entre
Oshima et Ozu, le récit sanime au gré de bagarres
entre les quatre garçons et des bandes rivales. Les coups partent,
au fond du champ, dans un véritable suspens du geste (doù
vient-il et quand, selon quelle motivation ?) sans autre chorégraphie
que le déplacement burlesque des corps qui disparaissent un instant
du cadre, puis réapparaissent de derrière un mur ou un arbre,
follement agités. Le plus important, pour Hou, ne se trouve pas
dans le déroulement de ces bagarres : il est dans le principe
dirruption qui les justifie. Mais ces pugilats renvoient dabord
à un mouvement qui définit la structure même de luvre :
les passages systématiques, répétitifs et variés,
entre contemplation vient se substituer à une action rêvée,
les bagarres éclatent volontiers alors que le protagoniste ne fait
rien. On mange, regarde le paysage, affronte le soleil. Le coup part.
Il réplique ou se met à courir. La caméra est postée
au loin. Les hommes sont tour à tour des guetteurs absents et des
marcheurs traqués. Ils ont létrange capacité
de mêler inquiétude et oubli. (...)
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producteur:
Lin Jung-feng pour Evergreen Production ; scénario: Chu Tien-wen ;
avec Niu Cheng-tse, Tuo Tsung-hua, Lin Hsiu-ling, Yang Li-yin, Chen Shu-fang,... ; |
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Ensuite viendront les déceptions, le deuil, la reconquête. Les trois garçons seront livrés à eux-mêmes. Mais ils auront appris, et le spectateur avec eux, que le monde, chez Hou (et ailleurs), est dangereux parce qu'il fait semblant de passer, d'unir les hommes, les trajectoires, alors que pour y prendre part, un travail insensé, solitaire et muet, est nécessaire. Ils auront posé, par la grâce de ce cinéma voyageur et intensément réceptif, la seule question qui vaille: celle de savoir si ce qui s'offre au regard et aux sens est habitable, prêt à être inspecté, aussi beau que la somme des rumeurs qui le composent. Aux abords d'une plage, en découvrant une maison qu'on leur a offert d'occuper, les garçons avancent avec prudence. L'un d'eux s'écrie: "Est-ce que c'est vivable? On dirait une maison hantée." Le plan d'après, ils sont installés, et dévorent leurs premiers repas.
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