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Vous êtes à la fois un cinéaste
"cyberpunk" et un punk-rocker. Comment est née cette
relation avec la culture underground?
Je ne sais pas vraiment si c'est la culture "underground" (souterraine)
ou "aboveground" (de surface!) que j'aime et qui m'a influencé!
Evidemment, la musique punk-rock, tout comme celle qui lui a succédé
et qu'on appelle "alternative", ont eu une grande influence
sur moi. Si vous appelez ça de la "culture underground",
je suppose que ça en est, donc oui, on peut dire que j'ai été
influencé par la culture underground. Mais il n'y a pas que ça,
beaucoup d'autres choses m'ont influencé. Le plus important, c'est
les moyens d'expression que m'offre cette culture "underground".
Et je ne me soucie pas trop de savoir comment cette culture est reliée
au reste de la société.
Au fil des ans, votre style est devenu plus serein.
A partir d'Angel Dust, vous êtes passé de la violence frénétique
à un style plus méditatif. Pourriez-vous commenter les raisons
de cette évolution?
Si je vous en donne vraiment les raisons profondes, la réponse
risque d'être très longue et compliquée! Pour résumer,
je dirais qu'à l'époque où je tournais des films
frénétiques, c'était très important pour moi
de les tourner de cette façon. En même temps, je sentais
qu'il y avait en moi des zones distinctes que je n'avais pas encore explorées.
Et je sentais que si je continuais à faire les mêmes films,
je n'exprimerais jamais tout ce que j'étais. Alors, j'ai commencé
à plonger plus profondément en moi-même pour tenter
de cerner ce que je n'avais pas encore exprimé. Et cela a donné
Angel DUST et les films qui ont suivi. Mais il y a aussi une raison financière
à cette évolution. A force de faire des films d'action frénétiques
comme mes
premiers films, au bout d'un moment on veut faire des films comme GOJOE.
Mais GOJOE est un film qui demande beaucoup d'argent, et il n'y a pas
beaucoup de producteurs disposés à vous donner un budget
confortable pour ce genre de divertissements. Je me dois d'ailleurs d'exprimer
toute ma gratitude envers Sento Tankenori. Sans lui, GOJOE n'aurait jamais
vu le jour. Si le film a pu se faire, c'est tout simplement parce qu'il
a dit "Je veux le faire". Pareil pour ELECRTIC DRAGON 80 000V.
En plus, il m'a laissé toute latitude pour faire ces films à
ma façon.
Asano Tadanobu est un artiste complet: acteur, peintre,
et chanteur dans votre groupe punk! Est-il en quelque sorte votre alter
ego?
Ma première rencontre avec Asano s'est faite le jour où
il est venu me trouver pour me dire qu'il voulait jouer dans un de mes
films. C'était à l'époque d'August in the Water,
mais je trouvais qu'il était un peu trop âgé pour
le personnage. Par contre, pour LE LABYRINTHE DES REVES, il collait parfaitement
au personnage, alors je n'ai pas hésité à l'employer.
Cette collaboration a marqué le début d'une excellente relation
amicale etprofessionnelle. Et il n'y a pas qu'avec Asano que je m'entends
bien. Il y a aussi Masatoshi Nagase, nous sommes sur la même longueur
d'onde, lui et moi. Asano et Masatoshi m'apportent vraiment beaucoup,
tant
amicalement que professionnellement. Pareil pour Sento Tankenori, c'est
très important pour moi de travailler avec une personne aussi stimulante.
Et sans toutes ces amitiés précieuses, peut-être que
je n'aurais jamais fait un film comme ELECRTIC DRAGON 80 000V, ce genre
de film "underground"...
Je pensais qu'ELECRTIC DRAGON... représentait
en fait un retour à vos racines...
Non, ce n'est pas vrai. Je n'ai pas essayé de remonter à
mes origines. Même lorsque je faisais des films plus calmes comme
LE LABYRINTHE DES REVES, je les faisais en étant animé de
sentiments très passionnés, très violents. Ainsi,
des énergies tout à la fois douces et fortes se cotoient
à l'intérieur de moi.
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