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Abolfazl Jalili et ses
dix-sept enfants. |
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| DELBARAN | ||
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Lorsque Abolfazl Jalili tourne un film avec des jeunes acteurs, il a tous les matins l'impression d'avoir lui-même 15 ans; la vie lui semble alors légère, "comme quand on va au restaurant sans argent, entre copains, et qu'on prend ses jambes à son cou au moment de payer l'addition." Quoi d'étonnant, alors, à ce que tous ses films mettent en scène des enfants? N'allez pas croire pour autant que les oeuvres de Jalili poursuivent le mythe d'une enfance espiègle et innocente. Au contraire, chacun d'entre eux s'attache à mettre en lumière la place difficile des enfants dans la société iranienne. Dans Delbaran, son dernier film, le héros s'appelle Kaïm. Cette fois il s'agit d'un adolescent afghan réfugié illégalement en Iran, qui vit et travaille dans une auberge près de la frontière que matérialise le grondement de la cannonade par-delà les crêtes.
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| de Abolfazl Jalili (Iran, 2001, 96') | ||
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"L'Afghanistan est un pays maudit, où
deux générations n'ont pratiquement connu que la guerre.
Il en faudra au moins deux autres pour que les blessures cicatrisent",
s'attriste Jalili.
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Par principe, le réalisateur rencontre ses
jeunes comédiens - des non-professionnels, pauvres et forcés
de travailler pour vivre - sur les lieux même où il veut
tourner. Tous exercent dans la vie le même métier que dans
le film. Avec eux, le réalisateur établit à chaque
fois des relations qui ne se limitent pas à la seule durée
du tournage. Chaque semaine, tous se réunissent dans son minuscule
appartement de Téhéran. " Ceux qui jouaient dans mes
premiers films continuent de venir", précise le réalisateur.
Dix-sept au total... "Mes dix-sept enfants..." Une famille.
Il est arrivé, raconte-t-il, que ses protégés le
dépannent dans des périodes de débine! Lui s'est
chargé de trouver l'argent nécessaire pour marier dignement
le héros de Une histoire vraie (1996), tombé amoureux mais
pas moins fauché pour autant...
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