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(...) Si l'expression, désormais galvaudée, de "grand film malade" a un sens, elle est appropriée aux lucioles, film en compétition et deuxième long metrage de la sidérante jeune cinéaste Naomi Kawase, découverte voici trois ans en France à l'occasion de la sortie de SUZAKU, caméra d'or à Cannes en 1997.
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| HOTARU | ||
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Une terrible simplicité Le film met en scène une histoire d'une terrible simplicité, la rencontre entre deux jeunes gens, Daiji, qui appartient à une tradition ancestrale de potiers, et Ayako, effeuilleuse dans un night club. Sur fond d'enfance orpheline, de deuils familiaux et de cérémonie boudhique consacrant la venue du printemps, le film s'attache à la manière dont cet héritage d'obscurité et de lumière, d'argile et de feu, corrompt et purifie tour à tour leur amour.
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| Naomi Kawase (Japon, 2000, 164') | ||
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Ayako fuit incessamment l'homme qu'elle aime, comme si l'abandon était l'ultime mesure d'un désir qui, jusque dans sa renaissance, aurait partie liée avec l'anéantissement. Entre résurgence des brisures familiales, rapport entre tradition et modernité et prospection de l'infinie solitude des êtres brillant l'un pour l'autre comme des lucioles dans la nuit, c'est le motif récurrent de la perte qui tient de bout en bout ce film de trois heures, au point d'affecter sa forme même. Exemplairement tenu ici, totalement rel‰ché plus loin, faisant se succéder happening documentaire et composition picturale, mariant l'obscénité d'un sexe qui se dévoile à l'infinie douceur des sentiments, l'énergie déchirante qui dilapide le film semble gagner à sa cause la volonté de maîtrise de son auteur.
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avec Nakamura Yuko, Nagasawa Toshiya, Yamaguchi Miyako |
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Les spécialistes diront à raison que le film gagnerait à être raccourci et remonté. Tel qu'il est, il constitue pourtant à l'évidence une projection charnelle, vibrante, éperdue, de l'être le plus intime de Naomi Kawase. On est en droit de préférer un boulversant échec à une raisonnable réussite: les plus beaux printemps naissent des hivers les plus extrêmes.
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