Clemens Klopfenstein
 

 

Clemens Klopfenstein est né en 1944 au bord du lac de Bienne. Peintre et cinéaste, ce Suisse “nomade”, qui vit en Italie depuis 1973, privilégie minimalisme budgétaire et innovation. Il travaille souvent seul, caméra à l’épaule, affirmant: Il faut choisir... Le luxe Rolex ou la Swatch. Entre les deux, nous sommes médiocres.
 
Klopfenstein est un réalisateur indépendant, créatif, fantaisiste, plein d’humour, ouvert à l’expérimentation et refusant toute recette commerciale du succès. Il construit ses films avec son entourage, son vécu, les sorties entre amis mais aussi en réaction avec le paysage et l’ambiance du lieu. Les fondements de sa motivation sont l’aventure et la découverte de l’étranger mais aussi la critique personnelle et ironique de ce qui est proche de lui. Ses films témoignent d’un regard double, un jeu de nuances à la frontière entre la fiction (moyen de tracer un fil entre ces différents épisodes) et le documentaire.
 
Clemens Klopfenstein est fasciné depuis longtemps par le thème de la nuit; nuit comme film, voyage, passage sur la terre, terre comme lieu de tournage. Il est souvent “sur la route” dans sa pratique, dans sa vie et pas seulement pour des raisons professionnelles. En chemin sur toute la terre, il montre les fondements poétiques, entre rêve et analyse, qui font l’oscillation de son œuvre.
Une image peinte par semaine c’est un peu comme 24 images filmées par seconde, raconte C. Klopfenstein quand il parle de sa relation de peintre et de réalisateur. Deux aspects qui s’opposent: un film est composé de milliers d’images et chacune d’elles est à considérer comme unique formellement.
Le cinéma est lié aux grosses productions et organisations, alors que peindre est une discussion d’un homme seul avec une image statique (quelque chose de nécessaire par rapport au travail d’équipe de cinéma).
Il pratique la peinture dans son atelier de cinéma (“film studio”) où un mur blanc est réservé tant pour la peinture que la projection de films…
 
Clemens Klopfenstein, invité dans le cadre d’un atelier à l’ESBA, sera présent le 3 et le 4 décembre au spoutnik.

 

    Poésie et expérimentation
 

 

Geschichte der Nacht
(Suisse, 1979, 103’)
Avec l’histoire de la nuit (Geschichte der Nacht), il a réussi l’irruption dans le domaine du film expérimental: on y découvre des scènes de nuit filmées dans différentes grandes villes de dix-neuf pays européens, où ombres et lumière tiennent un grand rôle (le grain très apparent du film accentue l’effet nocturne).
Il s’agit d’architectures nocturnes où les rues se lisent autrement qu’à la lueur vivante du jour; presque vides, elles concentrent pourtant autant de présences disparues. Ces lieux anodins deviennent ainsi des lieux de mémoires fantasmés.
 
Das Schlesische Tor
(Suisse, 1982, 22’)
La juxtaposition d’images de la station de métro berlinoise du même nom et de plans urbains de Tokyo et de Hong-Kong. Ce film est constitué par des moments à venir plus que par l’action même!
 
Der Ruf der Sybilla
(Suisse, 1984, 90’)

 

 
 

 

Das Schweigen der Männer
La faiblesse des hommes

(Suisse, 1997, 90’)
Avant la Faiblesse des hommes, C. Klopfenstein  réalisait Die Gemmi-ein Üebergang, un court-métrage (33’) où Polo Hofer et Max Ründlinger délivraient des pensées profondes aussi ridicules que drôles. Avec La faiblesse des Hommes, il apparaît que Die Gemmi-ein Üebergang était le commencement d’un work in progress.
L’histoire: Polo Hofer, la cinquantaine, traîne son ventre comme une hantise, ainsi que d’autres problèmes liés à l’âge et supporte (plus qu’autre chose) le fardeau d’être une star nationale du rock suisse-allemand. Max Ründlinger, à la fois reporter et acteur au succès limité, incarne le sceptique de la paire, l’intellectuel tourmenté, tel un “Woody Allen” du Wankdorf. Au cours de leur voyage à travers les montagnes suisses, l’Italie et l’Egypte, ils sont accompagnés par un Klopfenstein du même âge. Ils avancent dans une espèce de road movie tout en improvisant sur des sujets légers ou graves comme les Suédoises, le parlement, la nourriture, la mort ou plus exactement la mort médiatique de Polo à travers le petit écran. Confronté à plusieurs Suédoises, Max désire en connaître un peu plus sur leur attrait sexuel. Ce à quoi on lui répond et riposte avec un anglais assez adéquat : The Swiss are sexually neutral…I mean normal.
Le prochain film de C. Klopfenstein dont la sortie est prévue pour le festival de Soleure en 2005, est la suite des aventures de Polo et Max. Les deux protagonistes  accompagnés de Matthias Gnädiger seront sauvés par la très belle Ursula Andress  qu’on découvrira en véritable madone suisse. Ce film, “un road movie forestier” selon les propres mots de C. Klopfenstein, se passera au cœur de l’Italie . On y retrouvera les thèmes récurrents de la mort, de la religion et du grand capital, toujours traités avec humour et poésie. Version originale prévue en Bärnerdüütsch.

Sources: umbria.net/klopfenstein.net/andreas meier/philippe rodrik/pascale favre/peter roesch/ulrich gregor

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