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Slam, comme une porte qui claque. Comme celle de la prison o Ray, le hŽros du film de Marc Levin, incarnŽ par Saul Williams, se retrouve enfermŽ. Slam, comme la langue qui Žclate, la poŽsie faite grenade, les rimes qui se dressent en barricades. Pour Saul Williams, nul doute, le temps est toujours au combat. " La rŽsistance Žvolue dans les formes qu'elle revt, mais elle demeure absolument nŽcessaire ", explique l'artiste ‰gŽ de vingt-huit ans, auteur, compositeur, comŽdien et dipl™mŽ de philosophie. " Il n'y aura pas de libertŽ tant que des pans entiers de la population - que ce soit les Noirs, les femmes, les homosexuels, etc. - seront opprimŽs.
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| Slam et clé de Saul | ||
| Quand ma mre Žtait enceinte, elle Žcoutait James Brown. J'ai grandi en entendant Say it loud, I'm Black and proud [" Dis-le fort, je suis n] ir et fier " - NDLR]. C'Žtait une Žtape indispensable. Sans rien renier de cet hŽritage, la lutte doit de nos jours d'abord se passer au niveau de l'individu. La libertŽ se trouve en toi. Ne laisse pas quiconque, et surtout pas le systme, te la confisquer. " Saul Williams a publiŽ son premier album, Amethyst Rockstar (Columbia), cocktail dŽtonnant de hip hop, hard rock, guitares Žlectrisantes, pop Žpique et cordes dŽsaccordŽes. Un truc de dingue, qui vous dŽcalque les neurones. Le pote, qui a tŽtŽ ˆ deux mamelles (la great black music des sixties et le hip-hop), s'est Žgalement nourri de Shakespeare. Dans le morceau Code Language, il cite le dramaturge anglais au mme titre que le musicien et opposant nigŽrian Fela Anikulapo Kuti, le compositeur classique russe Rachmaninov, le comŽdien (et militant communiste harcelŽ par le maccarthysme) Paul Robeson, la chanteuse de jazz Billie Holiday, le pote Allen Gingsberg, le hŽros africain assassinŽ Patrice Lumumba, John Coltrane, l'Žcrivaine Toni Morrison, Jimi Hendrix... Les noms roulent comme des petites bombes. Ambiance rock, son de batterie crade, guitare obsŽdante. C'est fort, trs fort. |
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| L'Humanité, 05 mai 2001 | ||
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Saul ouvre la plage suivante, Our Father, avec un speech de son pasteur de pre, dont les prches dominicaux n'ont cessŽ d'irriguer sa conscience. Vocabulaire riche, complexitŽ de la langue, diversitŽ des effets sonores au niveau du verbe comme de la musique. On ne comprend pas tous les mots, toutes les phrases. Mais on se laisse prendre par le tourbillon d'Žmotions. Fait-il du hip-hop ? DiffŽrence entre le rap et le slam ? á ces questions maintes fois entendues, Saul Williams rŽpond patiemment. " Je me considre comme un pote post hip-hop. Cela signifie que j'intgre l'apport immense du rap, mais aussi des ŽlŽments extrmement divers provenant de la poŽsie beat , la littŽrature classique occidentale, la Harlem renaissance qui a vu le jour dans les annŽes vingt... Je me suis intŽressŽ ˆ Shakespeare quand j'ai voulu devenir comŽdien, ˆ l'‰ge de huit ans. á peu prs ˆ la mme Žpoque, je me suis mis ˆ Žcouter beaucoup de hip-hop. Je ne me suis pas dit : ceci est bon et cela ne l'est pas. Finalement, je retrouvais, chez Shakespeare et dans le hip-hop, ce qui m'a toujours touchŽ : la recherche du verbe, la force d'Žvocation, parfois la vŽhŽmence, souvent le lyrisme. ". Fara C. Album Amethyst Rockstar (Columbia/Sony) |
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