DIWAN (Allemagne, 1973, 85') de Werner Nekes
1 - Sun-a-mul (16’)
2 - Alternatim (15’)
3 - Kantilene (17’)
4 - Moto (16’)
5 - Hynningen (21’)

 

 
    Diwan
 

 

A la fin des années 1960, Werner Nekes fonde Das Andere Kino (l'Autre cinéma), la Hamburger Filmmacher Cooperative (la Coopérative de réalisation de films de Hamburg) et enseigne les arts plastiques à l'Ecole supérieure d'art de Hamburg. Théoricien et praticien de la "Kiné", il explore les potentialités d'un cinéma du montage photogrammatique, malmenant le caractère fluide et faussement naturaliste de "l'image-mouvement". Werner Nekes, en déplaçant et amplifiant le modèle structurel du cinéma métrique (qui détermine l'organisation formelle des courts métrages de Peter Kubelka), renoue avec les dispositifs techniques et scientifiques de décomposition du mouvement, à l'origine des jouets optiques pré-cinématographiques (qu'il collectionne par ailleurs). Ainsi, ses films traquent le "mouvement-de-l'image", un mouvement qui ne se trouve pas dans les plans, mais qui a lieu entre les images. En analysant les mécanismes techniques du dispositif cinématographique, Werner Nekes cherche à moderniser la vision du public: les spectateurs deviennent les témoins d'une expérience scientifique, qui consiste à observer le choc d'images isolées, le conflit de cadres juxtaposés.
Certains de ses films, reposant sur des formules mathématiques, génèrent un mouvement par les seuls moyens du montage, contredisant le "mouvement apparent" inscrit à l'intérieur des plans - et rompant au passage avec les tabous sexuels alors en vigueur (voir la jeune femme à la balançoire de JUM-JUM ou la fusion plastique des scènes d'amour lesbiennes dans T-WO-MEN, présentés à l'ESBA).  D'autres films, tels DIWAN, sans renoncer à la stricte rigueur des grilles structurelles, mettent en avant le traitement et la manipulation des couleurs, défigurant et remodelant la scène de la représentation.

 

 
    Werner Nekes (Allemagne, 1973, 85 min)
 

 

«Quand on voit DIWAN, on peut facilement se rendre compte des réserves de Nekes vis-à-vis des images esthétisantes. Tout au contraire, il s’efforce de changer l’image au momentmême où le spectateur pourrait se décider à la classer parmi les "belles images”.
Nekes essaye en permanence d’en détourner la beauté et de nous en priver. Une image qui représente, par exemple, un paysage (l’herbe, des arbres, une maison, très peu de ciel), change de couleur par glissements en passant successivement du vert foncé estival au vert clair de printemps, puis à une teinte jaunâtre d’automne pour finir par un blanc hivernal qui ne laisse aux objets que des ombres bleuâtres.»  (S. Feldmann)
 

 
    
 

 

A l'ESBA, 2, rue du Général-Dufour (le sous-sol)
- mercredi 10 avril: l'intégrale Peter Kubelka
- vendredi 12 avril: JUM-JUM (1967, 10') et T-WO-MEN (1972, 90') de Werner Nekes

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