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Les films de Werner Nekes, chef de file de lécole
formelle allemande, explorent les différentes modalités
darticulation des photogrammes entre eux. A la représentation
normée du mouvement (moving pictures ou limage-mouvement),
il faut alors encore adjoindre les modes du ressassement et de lemportement,
cest-à-dire le gelage des images (léternel retour
du même) et lexplosion des plans (un mouvement de limage
provoqué par laccentuation des différences despace
et de temps entre les photogrammes). Ces mécanismes, théorisés
par Werner Nekes sous le terme de montage kinétique, sont au centre
de sa poétique: tous ses films répondent à un modèle
musicaliste et reposent sur la formation dune image subjective auprès
du spectateur.
Le florilège de moyens et long métrages que nous avons sélectionnés,
du début à la fin des années 70, met en avant deux
facettes de son uvre: une exploration sensuelle de lespace
ou de différents modes de représentation. Ainsi, Abbandono
cadre des paysages en hiver et en été (et un appartement)
traversés par Dore O. et Werner Nekes. Photophtalmia, dédié
à Joseph Plateau dont les études sur la perception et le
soleil ont provoqué sa cécité, se concentre sur lintensité
et les variations de la luminosité. Knoten, en mutipliant les couches
de surimpression et les changements dexposition, anime Les poseuses
de Seurat en un curieux tableau vivant dont on trouve difficilement léquivalent
au cinéma. Et enfin, Hurrycan sinspire du dispositif du thaumatrope
(un jouet optique qui superpose les deux faces dune médaille
en rotation: un oiseau et une cage, par exemple): les plans, qui peuvent
avoir jusquà douze couches dimages, exacerbent leffet
de saute et de scintillement de la projection. Cest à une
expérience quasi physique que Werner Nekes nous invite.
ESBA (4, rue Général-Dufour),
mercredi 17 décembre, 18h:
ABBANDONO (Allemagne,
1970, 35)
PHOTOPHTALMIA
(1975, 28)
KNOTEN (AMALGAM)
(1976, 30)
Spoutnik, jeudi 18 décembre, 21h:
HURRYCAN (Allemagne,
1979, 85)
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