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En 2001, la nouvelle vague kazakh nest plus quun beau souvenir de jeunesse. Un peu seul, aucun film kazakh réalisé en 2000, Darejan Omirbaev en digne représentant de sa république aujourdhui indépendante, réalise son quatrième long-métrage: Jol, en français La route. Toujours produit par la France mais aussi par la télévision japonaise, le Studio Kazakhfilm dAlmaty est relégué au rôle de prestataire de services. Après avoir abordé ladolescence et lenfance dans le Kazakhstan soviétique, le fait divers après lindépendance, dans La Route il fait à travers le portrait dun cinéaste, nommé Amir, le constat dune situation difficile du cinéma dans son pays.
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| LA ROUTE (JOL) | ||
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Un élégiaque
road movie des steppes
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| De Darejan Omirbaev (Kazakhstan, 1h25, 2001) | ||
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Celui-ci, désorienté par un montage non linéaire qui raccorde davantage au cours élégiaque et sensuel des sentiments (scènes oniriques, retours en arrière...) quaux conventions dramaturgiques, met essentiellement aux prises le héros de ce film, un cinéaste nommé Amir, avec trois femmes. La première, une brune à la finesse de porcelaine, éblouissante comme le matin qui la révèle, est son épouse légitime et la mère de son enfant. Il faut peu de choses à Omirbaev - un croisement de regards, un bref et acerbe échange de paroles, une tentation charnelle dAmir à légard de laffriolante monteuse de son film - pour suggérer que lennui a déjà planté ses griffes sur le jeune couple. La deuxième, quon ne verra jamais sinon pour en faire le deuil, est la mère dAmir, dont la nouvelle de la mort imminente lui arrive par courrier et lance, en même temps que le mouvement du film, la longue fuite du héros dans la steppe jusquà son village natal. La troisième, rencontrée en chemin au détour dune auberge isolée, est aussi blonde que sa femme est brune et incarne, sous des traits slavissimes doù rayonne un indéfinissable mélange dangélisme et de vulgarité, ce que lon suppose être limage du fruit défendu pour tout bon père de famille kazakh. ( ) A linstar du traitement cavalier quil fait subir à la narration, Darejan Omirbaev inscrit la linéarité du parcours de son héros dans un triangle de figures féminines qui en limite singulièrement lhorizon. Comme si létendue infinie de la steppe, apparemment ouverte à linextinguible désir de la parcourir, se trouvait en réalité bornée par cette géométrie à la fois charnelle et spirituelle, qui fait rebondir le héros comme une balle entre les trois côtés désespérément fermés de lenfance, de lamour et de la mort. Aussi bien, lenchantement des chimères poursuivies par les hommes et lironie cruelle de leur désappointement, sont-ils, sous la lumière changeante et frémissante de la steppe, les plus fidèles compagnons de route dAmir. Quil sagisse dune programmation cauchemardesque (le projectionniste chargé de projeter le film dAmir passe à la place un film de karaté apprécié par le public), dun rendez-vous manqué avec une éclatante jeune femme en robe jaune brodée de papillons roses, ou des somptueuses réminiscences de lenfance qui affleurent devant la dépouille de la mère, tout ici nous parle à bas bruit, sous le signe mélancolique de la persistance et de la dépossession, de laction du temps sur le destin des hommes.
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