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Un groupe de chasseurs, exerçant dans la vie des professions urbaines,
mais liés par une enfance partagée à Maniwaki, se
retrouvent pour plusieurs jours dans une des ces cabanes relativement
confortables que les Québécois appellent un camp (un "campe")
pour chasser l'orignal.
Il y a là Stéphane-Albert, professeur et poète, beau-parleur,
tireur à l'arc, mais non chasseur, et Bernard, chef de chasse et
cuisiner, qui a roulé un peu partout sa bosse et sa langue acérée.
Ils sont liés par une amitié profonde et conflictuelle.
la vie est faite de sorties en forêts, infructueuses le plus souvent,
et de scènes d'intérieur, bruyantes et généreusement
arrosées. peu à peu, la chasse se transporte de l'extérieur
vers l'intérieur. tandis que l'orignal mythique se dérobe
au fond du bois, Stéphane-Albert, d'abord mystifié par ses
amis impitoyables (très belle scène d'affût à
l'arc qui se termine en farce), devient le gibier traqué par Bernard
avec l'approbation tacite des autres chasseurs.
Le film culmine en une scène d'affrontement d'une rare violence,
dans le clair-obscur d'une salle commune encombrée de reliefs de
repas et de cadavres de bouteilles. Le poème dédié
par
Stéphane-Albert à Bernard est repoussé dans un langage
direct et cru.
L'explication a lieu au moment du départ, dans la lumière
plus apaisante du matin, auprès d'un petit lac.
Ainsi raconté, au plus près de ses péripéties,
le film ne se distingue pas vraiment d'un film à scénario.
La conduite narrative ménage les tensions et les temps faibles,
les pauses et les rebondissements. On pourrait presque dire: le suspense,
comme si un scénariste avait subtilement mené le jeu.
Or, il n'y a pas de scénario, au moins un scénario écrit.
Le processus a même été carrément inversé:
le réalisateur du film a transcrit fidèlement les répliques,
y apportant notes développées relevant de ce qu'on pourrait
appeler à postériori scénographie, mise en scène
et dramaturgie. (...)
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