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| LE RèGNE DU JOUR | ||
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| de Pierre Perrault (Canada, 1966, 118') | ||
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Alexis a entrepris ce voyage avec une foi inébranlable. Mais si
pour lui la France est sacrée parce que berceau de la famille Tremblay,
l'image réaliste de Perrault est moins aveuglée d'amour
que les propos du vieillard. Aussi, pour chaque séance, le réalisateur
montre-t-il successivement la France puis le Canada tout en superposant
aux faits les commentaires - souvent contradictoires - des deux époux.
Tout événement (la saignée du cochon aussi bien que
les services religieux) se trouve donc envisagé temporellement
et spatialement (différence entre l'époque moderne et l'ancien
temps d'une part et entre la France et le Canada d'autre part), tandis
que la parole d'Alexis ajoute une dimension supplémentaire en permettant
la confrontation du mythe (ce qu'il pense de la France) et de la réalité.
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L'acharnement avec lequel Alexis poursuit l'acquisition puis le transport et l'installation dans sa cuisine d'une énorme pendule à balancier traduit assez bien l'esprit volontaire du vieux Canadien, enjoué, plein de sagesse... et toujours catégorique dans ses jugements! sa forte personnalité écrasait, dans Pour la suite du monde, celle des autres habitants de l'île. Dans Le règne du jour au contraire, Perrault s'attarde plus longuement sur son épouse aux jugements plus nuancés et à l'esprit plus ouvert aux réalités de son temps. Un peu comme la vieille dame indigne de Brecht, Marie Tremblay décide après 76 ans de douceur et d'effacement, de profiter de l'occasion offerte par Perrault pour s'exprimer de manière personnelle, rejetant devant la caméra comme elle ne l'avait sans doute jamais fait dans la vie la tutelle de son autoritaire - et affectueux - mari: il s'agit alors bien de "cinéma-vérité", la vérité des âmes et des coeurs.
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