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| POUR LA SUITE DU MONDE | ||
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| de Pierre Perrault (Canada, 1963, 105') | ||
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Le projet de Pour la suite du monde, réalisé avec Michel
Brault, se situe dans cette perspective de provocation relative. Il propose
aux paysans dune île du fleuve Saint Laurent, de reconstituer
la pêche au marsouin, abondonnée depuis presque quarante
ans. Le choix de cette pêche a été guidé par
la connaissance quavait Perrault de cette Île-aux-Coudres,
lui permettant dy reconnaître un lieu dinvestissement
identitaire et affectif important. Les îliens se donnèrent
passionnément à cette reconstitution, occasion pour eux
de sexprimer, réalisant ce " cinéma vécu
" préconisé par Perrault et Brault. Raconter la pêche
est une façon pour les îliens de parler deux-mêmes
naturellement, de rendre compte de leur conception du monde, de leurs
croyances, de leurs représentations, au fil des saisons et des
phases de la pêche. Le synchrétisme religieux impossible
à reconnaître délibérément dans une
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Perrault sexplique ainsi : " Petit à petit le magnétophone ma enseigné ses usages ( ) La parole soudain se condense. Elle prend une valeur nouvelle du fait dêtre fixée, de pouvoir être isolée, répétée Un dialogue vécu doit être tiré de la substance même des personnages et il nest possible que dans la mesure où ils sont susceptibles de se dresser les uns contre les autres ou contre un tiers ( ) Les gens de cette Île-aux-Coudres vivent. Leur parole nest pas spéculative ( ) elle est acte. Et même leur pensée : ils ne se réfléchissent pas eux-mêmes, ils ne se psychanalysent pas. Ils ne se posent pas de questions. Leur vie est une oeuvre. " (Entretien avec G. Gauthier, Image et son, 1965). Perrault est certainement emporté dans cette déclaration par le désir de sopposer à des cinéastes comme Rouch auquel il reproche de donner trop de part à lexpression spéculative et de faire ce quil appelle un " cinéma-miroir ". Cest pourquoi, il va jusquà dénier toute réflexion sur eux-mêmes à ses propres héros dont on voit bien au contraire quils pensent leur existence et le monde, et cela, en loccurrence, très largement provoqués par la réalisation du film.
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