Mon Oncle d'Amérique
 

 

Trois destinées se rencontrent. Jean appartient à la bourgeoisie traditionnelle. Il a de l'imagination et de l'ambition et mène une carrière littéraire et politique. Un soir, il rencontre une jeune comédienne, Janine, et, pour elle, quitte femme et enfants. Janine, elle, est fille de militants communistes. Elle abandonne son environnement contraignant et pauvre pour "vivre sa vie" : le théâtre. Sa liaison prend fin à la suite d'une démarche de l'épouse de Jean, qui utilise le chantage au sentiment. Janine change de métier, d'ambiance, devient conseillère d'un groupe industriel et commercial. C'est à ce titre qu'elle aura à s'occuper du cas de René. Fils de paysans catholiques, catholique lui-même, René a abandonné le travail de la terre pour celui du textile. Il est devenu chef de service. Mais la crise économique, les jeux de l'ambition humaine lui occasionnent une série de déconvenues et d'humiliations professionnelles. Mal armé pour les affronter, il adopte une attitude farouche et des réactions maladroites, qui le conduisent à une tentative de suicide.

 

 
   d'Alain Resnais (France, 1980, Couleur, 35 mm, 121 min, vo française)
 

 

Au fur et à mesure que les trois histoires se développent, les interventions d'Henri Laborit (dans son propre rôle) nous renseignent sur certaines lois du comportement humain fondées sur l'étude du cerveau et de la physiologie animale. Ces théories, clairement exposées, soutiennent que les actes qu'accomplissent l'individu sont déterminés par le conditionnement de la petite enfance. Chacun réagit selon des pulsions de type primaire : la lutte avec le rival ou la fuite devant l'ennemi. Lorsque le sujet est incapable de choisir entre l'affrontement et la dérobade, il se produit un phénomène d'inhibition qui peut conduire à des réactions " limites " comme le suicide.

 

    avec Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, Marie Dubois, Nelly Borgeaud, Pierre Arditi et le professeur Henri Laborit
 
 


La seule raison d’être d’un être, c’est d’être. C’est-à-dire, de maintenir sa structure. C’est de se maintenir en vie. Sans cela, il n’y aurait pas d’être.
(…)
Remarquez que les plantes peuvent se maintenir en vie sans se déplacer. Elles puisent leur nourriture directement dans le sol, à l’endroit où elles se trouvent. Et grâce à l’énergie du soleil, elles transforment cette matière inanimée qui est dans le sol en leur propre matière vivante.
(…)
Les animaux, eux, donc l’homme qui est un animal, ne peuvent se maintenir en vie qu’en consommant cette énergie solaire qui a donc déjà été transformée par les plantes. Et ça, ça exige de se déplacer. Ils sont forcés d’agir à l’intérieur d’un espace.
(…)
Pour se déplacer dans un espace, il faut un système nerveux. Et ce système nerveux va agir, va permettre d’agir, sur l’environnement et dans l’environnement. Et toujours pour la même raison : pour assurer la survie. Si l’action est efficace, il va en résulter une sensation de plaisir.
(…)
Ainsi, une pulsion pousse les êtres vivants à maintenir leur équilibre biologique, leur structure vivante, à se maintenir en vie. Et cette pulsion va s’exprimer dans quatre comportements de base :
1)  Un comportement de consommation. C’est le plus simple, le plus banal. Il assouvit un besoin fondamental : boire, manger, copuler.
2)  Un comportement de fuite
3)  Un comportement de lutte
4)  Un comportement d’inhibition
(…)
Un cerveau ça ne sert pas à penser, mais ça sert à agir.

Henri Laborit

 

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