LES SOVIET PLUS L'ÉLECTRICITÉ
de Nicolas Rey

2001, 16 mm coul,trois heures de transport en commun,

une superautoproduction en
Sviemacolor!

 
 

 

un cinévoyage au pays qui n'existe plus

Parcourir la Russie comme on fait le tour d'une maison qui n'est pas la sienne.
Des images en superbe8 et des absences d'images, des fragments d'un journal sonore et du silence. Trois heures de voyage entre Paris et Magadan, en moto, en train, en bus, en camion, en bateau, de vagues à l'âme en terrains vagues - bienvenue à bord.


"C'est le deuxième jour qui est pénible. Dans le train, c'était pareil, le deuxième jour je trépignais d'impatience. Ensuite, à partir du troisième, ça va mieux. On s'habitue à la lenteur, à la monotonie du paysage, à la vie faite de courts cycles sommeil-nourriture-distraction totalement sans rapport avec les horaires habituels d'une journée."

 

Un voyage cinématographique en trois étapes à travers la Russie jusqu’à Magadan (Sibérie), ville lointaine et légendaire de l’ancienne Union Soviétique, fondée en 1941 afin que les travailleurs des Goulags puissent exploiter les mines d’or de la région. Partant de fragments d’un journal acoustique, d’images documentaires et de quelques connaissances autobiographiques accumulées en chemin, Nicolas Rey recherche les racines de son imaginaire, une forme de passé idéal.
 
Nicolas Rey: "Pour la majeure partie du voyage le temps du film est "en dehors des rails" comme dit Shakespeare, et le spectateur avance d’une manière non-continuelle (en zig-zag / un pas en avant, deux en arrière), comme le voyageur lui-même. C' est à lui de remplir les vides ou plutôt les tunnels. Je me refugie derrière le rôle du réalisateur, comme l’a défini Dziga Vertov au début de L’homme à la caméra. Le spectateur complète le film et l’image, rien de nouveau à cela. Pourquoi ne pas lui attribuer la majeure partie du travail? Tant mieux si cela rend le film ennuyeux et troublant, comme ils disent.
 
Dès le tout début, mon film demande au spectateur de voyager avec moi jusqu’au bout du monde. C’est beaucoup demandé. Après tout, on ne sait pas ce qui peut arriver. J’en suis conscient et je veux bien croire qu’il y a des gens que cela repousse. Mais ceux qui acceptent de jouer le jeu seront compensés par des sensations nouvelles, au moins je l’espère. Pour cela aucune connaissence préliminaire n' est nécessaire, mais simplement le désir d’utiliser sans préjugés ses yeux et ses oreilles.

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