David Rimmer
 

 

David Rimmer s'est tenu ostensiblement hors des nombreux débats qui ont marqué l'avant-garde canadienne -préférant travailler de façon frugale et artisanale, produisant grosso modo un film court chaque année pendant plus de deux décades. Le début de son travail le fait apparaître comme jouant le rôle de doyen pour la génération des cinéastes canadiens structuralistes. Dans les dix premières années de sa production, il créa rapidement un ensemble d'oeuvres élégamment conçues qui abordait un seul sujet et exécutait un éventail de mouvements thématiques et de variations. (...)

 

  
 

 

Dans real italian pizza  et canadian pacific 1 et 2 , il installa sa caméra derrière une fenêtre et il tourna de petites séquences pendant toute une année. Dans seashore, watching for the queen, surfacing on the thames et variations on a cellophane wrapper, il soumet de petits fragments de films de récupération à une élégante élongation en les retravaillant, les refilmant de l'écran en utilisant une variété de filtres qui, dans le cas de variations, érodent entièrement l'image. Dans surfacing et watching, il fige la progression de chaque photogramme. (...)
Dans surfacing, cette stratégie d'élongation image par image réhabilite un fragment de film négligé, le dotant d'une touche de mysticisme romantique à la Turner, dans une lente et majestueuse progression d'un navire traversant la surface du film. (...).

 

 
    
 

 


Dans les années 1980, Rimmer adapte son intérêt pour le film structurel et retravaille des films de récupération pour un triptyque d'oeuvres qui interrogent l'histoire, le médium et son rôle dans la mémoire. Bricolage, as seen on tv et along the road to altamira, incorporent tous des films de récupération, souvent retraités et répétés. Mais au lieu de laisser un seul thème dominer l'oeuvre, comme dans ses anciens films, il les juxtapose ici à d'autres éléments en boucles. Dans, as seen on tv, par exemple, la crise d'épilepsie d'un homme devient l'organon de nombreuses images -y compris une comédie musicale dans laquelle des femmes costumées en banane dansent le french cancan, un homme élégamment habillé embrassant des femmes qui tombent immédiatement après qu'on les atouchées, des tigres bondissant à travers le feu, etc. Ce qui est traité ici, c'est la façon dont les médias transforment l'univers qui nous entoure en un spectacle de consommation courante, et la façon élégante dont Rimmer retravaille des fragments industriels mis au rebut fait de ces films un délice sensuel et provocateur.

in "la part du visuel-fims expérimentaux canadiens récents"

 
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