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Le réalisateur et photographe Peter Sempel est né en 1954
en Allemagne, élevé dans le fin fond de lAustralie
sans électricité ni eau mais avec une radio, un cheval et
un kangourou. Il a étudié à luniversité
de Hambourg léducation physique et la littérature.
Il parle vite avec un accent prononcé et est lun des réalisateurs
les plus originaux dAllemagne. Commence à faire des films
sur la musique en 1981.
«Je me suis toujours demandé pourquoi ma musique préférée
nétait jamais au cinéma». Cest en rapport
à la musique, quil a commencé à tourner des
films punk de quelques minutes avec la caméra super 8 quil
empruntait à son oncle, (avec des titres comme Kriegsjugend-save
the children ou Klarheit über alles). Avec peu de moyens techniques,
les films étaient accompagnés de musique (Bach, toten hosen,
Mozart, Yello). Depuis, la technique ne sest pas beaucoup améliorée.
Cest voulu dit Sempel «il faut que je fasse attention que
mes films ne se perfectionnent pas trop».
Il oscille entre une attitude artistique («je ne suis pas important,
on devrait voir mes film») et une tendance à la naïveté
«regarde! cest moi avec mon Kangourou» dit-il en extirpant
fièrement une des photos un peu tachée de son sac à
dos rempli dimages.
Fan, ami, photographe et réalisateur, Sempel tourne ses films en
autodidacte
«On dit indépendant, quand on fait tout nous-même»
«Quand tu essaies avec des moyens simples de faire quelque chose
de bien -est-ce de lart?»
Etant donné lénorme travail que cela représente,
Sempel choisit ses sujets avec un grand soin. Ils viennent principalement
de son propre Panthéon: «Héros nest pas le mot
juste». «Je dirais quil sagit damour. Je
les aime. Nick et Blixa, comment ne pas les aimer? Lemmy, une fois quon
le connaît, on doit laimer. Autrement je naurais pas
pu travailler avec ces gens. Chaque film me prend trois ou quatre ans
de travail».
Il y a quelque chose démouvant à voir Sempel soigner
le spleen des années 80 et le développer. On se tutoie,
on discute. La créativité spontanée est ce quil
y a de meilleur. Quand on aime quelque chose, on est «fan de».
Comme Sempel est fan dune ribambelle de personnes, son travail est
de les filmer et de les photographier.
Dans les films de Peter Sempel, les célébrités deviennent
des figures du quotidien portraitisées affectueusement.
«On met en scène des séquences dans lesquelles les
personnes apparaissent pour ce quelles sont.»
Ce que veut être une vraie célébrité doit pouvoir
montrer plus que le succès
«sans strass ni paillettes»: les films mêmes sont
une inclination, une admiration
Il tire son slogan des Einstürzende Neubauten: lardeur nostalgique
vient du chaos, lardeur nostalgique est la seule énergie
Emmène ses films à travers le monde (pas de TV, pas de vidéo)
- Adore se rendre à lopéra et à un concert
punk le même jour - Fanatique de la culture - Est stupide et naïf
- Adore les performances du soleil - Doute que le soleil soit rond - Est-ce
que les oiseaux chantent dans la joie ou la douleur?
«Je me promenais dans New York avec mon film, suppliant tout un
chacun de le montrer», raconte le réalisateur de 47 ans.
«Anthology fut la dernière porte à laquelle jallais
frapper, et je nai plus dû supplier personne ensuite».
Sempel fait des films un peu comme Pollock peint: Il déverse de
la musique punk sur des images célèbres, giclant du rock
sur des entretiens avec des icônes tels quAndy Warhol, Allen
Ginsberg, Martin Scorsese ou Peter Beard. «Je travaille comme
un fou, puis, arrivé à la table de montage, je remets toutes
les couleurs à leur place».
Vous ne suivrez peut-être pas tout de ce qui se déroule sur
lécran, mais si vous en sortez avec les oreilles qui sonnent,
vous aurez atteint leffet désiré.
«Lorsque vous faites quelque chose, vous ne vous en rendez pas compte,
vous faites. Vous réalisez après.
Mes films sont des films de musique et de danse. Je ne suis pas un réalisateur
qui pense. Ceci est peut-être un problème pour votre interview
daujourdhui. Mais lorsque je travaille, je ne pense pas. Et
une fois que jai fini, je me dis «Hey, quai-je fait?»
Comment pourrais-je savoir ce que je suis en train de faire, alors que
je suis en train de le faire? Je sais juste que je suis en train de le
faire.»
Sempel prend généralement des années pour finir un
film, en partie pour des raisons financières et en partie dans
un souci de faire le portrait le plus complet possible de ses sujets.
«Ce ne sont pas vraiment des portraits. Ce sont plutôt des
moments. Je suppose que ce sont des portraits très personnels,
tels que je les vois. Je ne suis pas en train daccumuler des documents.
Je les utilise pour faire part de ma vision du monde. Chacun a des moments
et des angles dapproche très différents. Comme un
peintre qui a besoin de plusieurs couleurs. Alors je cherche à
rassembler toutes les images et toutes les couleurs pour les amener à
ma table de montage.»
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