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Comme par hasard, comme par enchantement, une rencontre à Nice,
un portrait atypique dune femme sous le soleil.
Mimi, cest une femme qui se balade dans sa ville natale, à
la recherche de souvenirs que les pierres dissimulent. Une femme, simplement,
que Claire Simon filme avec toute la douceur et lattention dont
elle est capable.
Lentement, au rythme aléatoire des rencontres, la cinéaste
nous dévoile un parcours de vie intime, particulier, précieux.
Un père mort davoir eu trop faim, une mère qui ne
sen relèvera pas, un frère entreprenant, et Mimi,
une brindille à la démarche androgyne, un sourire, un pincement
de lèvres. Mimi qui sexpose, qui cherche sa place et qui
la trouve près dun cyprès. Cet arbre quelle
aime, surtout quand il est seul.
Claire Simon comble, si délicatement, par des mouvements de caméra
et un montage subtils, le fossé qui nous sépare de lAutre,
de ses rêves, et elle nous parle de ces hasards qui se transforment
en choix. Au son des grillons, entrecoupé par ces trains qui traversent
toute la première partie du film, le chemin de Mimi de Nice aux
montagnes nous est conté.
Le film de Claire Simon interroge notre côté voyeur, titille
notre envie den savoir plus et met notre patience à lépreuve.
Cest par ce côté pudique, parce que justement on nen
verra pas plus, on napprofondira pas les sujets à la
mode, que ce film a une valeur si grande. Réapprendre à
voir, à connaître, à se reconnaître en lAutre
avec si peu de choses, si peu dimages, si peu dexhibition.
On ne verra pas Mimi prendre une douche, se percer les points noirs ou
faire semblant de ne pas être filmée. Mais on verra Mimi,
qui est et fait le film, avec son regard de trois-quart face, et sa voix
qui met de la valeur dans chaque syllabe.
Alors, comme elle le dit si bien à la fin du film: Oui, cest
beau!
Joëlle Bertossa
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