MIMI
 

 

Comme par hasard, comme par enchantement, une rencontre à Nice, un portrait atypique d’une femme sous le soleil.
Mimi, c’est une femme qui se balade dans sa ville natale, à la recherche de souvenirs que les pierres dissimulent. Une femme, simplement, que Claire Simon filme avec toute la douceur et l’attention dont elle est capable.

 

 
  de Claire Simon (France, 2002, 105’)
 

 

Lentement, au rythme aléatoire des rencontres, la cinéaste nous dévoile un parcours de vie intime, particulier, précieux. Un père mort d’avoir eu trop faim, une mère qui ne s’en relèvera pas, un frère entreprenant, et Mimi, une brindille à la démarche androgyne, un sourire, un pincement de lèvres. Mimi qui s’expose, qui cherche sa place et qui la trouve près d’un cyprès. Cet arbre qu’elle aime, “surtout quand il est seul”.
Claire Simon comble, si délicatement, par des mouvements de caméra et un montage subtils, le fossé qui nous sépare de l’Autre, de ses rêves, et elle nous parle de ces hasards qui se transforment en choix. Au son des grillons, entrecoupé par ces trains qui traversent toute la première partie du film, le chemin de Mimi de Nice aux montagnes nous est conté.

 

    
 

 

Le film de Claire Simon interroge notre côté voyeur, titille notre envie d’en savoir plus et met notre patience à l’épreuve. C’est par ce côté pudique, parce que justement on n’en verra pas plus, on n’approfondira pas les “sujets à la mode”, que ce film a une valeur si grande. Réapprendre à voir, à connaître, à se reconnaître en l’Autre avec si peu de choses, si peu d’images, si peu d’exhibition. On ne verra pas Mimi prendre une douche, se percer les points noirs ou faire semblant de ne pas être filmée. Mais on verra Mimi, qui est et fait le film, avec son regard de trois-quart face, et sa voix qui met de la valeur dans chaque syllabe.
Alors, comme elle le dit si bien à la fin du film: “Oui, c’est beau”!

Joëlle Bertossa

 

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