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Michael Snow, cinéaste, photographe, musicien et plasticien canadien,
a activement participé au renouvellement du New American Cinema
dès la fin des années 1960. En réalisant une série
de films que P. A. Sitney a pu qualifier de « structurels »,
il sest radicalement distancé de la première vague
du cinéma expérimental américain, marquée
par lexpressionnisme abstrait et laffirmation de la subjectivité
de la vision du cinéaste. Ses films sinscrivent dans la mouvance
du minimalisme, en explorant systématiquement des procédés
cinématographiques poussés jusque dans leurs ultimes retranchements.
Ainsi, Wavelength (1966-67, grand prix du 4ème Festival international
du cinéma expérimental de Knokke-le-Zoute) exploite le procédé
du zoom avant, entrecoupé de microactions et de retours en arrière,
qui se heurte finalement à une photographie de vagues accrochée
au mur de son atelier. Back and Forth (1968-69) repose sur le mouvement
de va-et-vient de la caméra qui, dans son emportement, finit par
brouiller lespace. See You Later (1990) décompose par le
ralenti un simple geste dadieu dun employé de bureau,
renouant ainsi avec la fragmentation du mouvement qui caractérise
le Nu descendant un escalier de Duchamp.
Dans son dernier opus, Michael Snow exploite les possibilités offertes
par lanimation informatique. Ce nouveau médium, à
le suivre, permet dopérer une constante métamorphose
et transfiguration de la scène représentée :
« La vidéo, en un sens, nest pas optique. La vidéo
se caractérise par une instabilité, une altérité
et une malléabilité inhérentes. Avec lanimation,
on peut modifier les formes pixel par pixel, ce qui était impossible
avec le film. » *Corpus Callosum, qui se déroule dans
une salle de séjour avec son typique noyau familial et dans un
bureau avec ses employés indistincts, se présente comme
une vision postmoderne de la vie administrée au foyer et au travail,
tout en multipliant les références aux uvres antérieures
de Snow. J. Hoberman, dans le Village Voice, en résume le programme
en ces termes : « Le peintre-photographe-cinéaste-musicien
canadien, un homme démodé de la Renaissance doublé
dun avant-gardiste intransigeant, donne libre cours à son
génie dans cet irrésistible vaudeville perceptuel, dont
le titre fait référence à la « région
centrale » du tissu qui a pour fonction de réunir les
deux hémisphères cervicaux. Programmatiquement hybride,
luvre de Snow comble lécart entre le film et
la vidéo, la nature et lartifice, le son et limage,
lart et le divertissement. »
François Bovier
Mercredi 29 janvier, ESBA, à 20h
WAVELENGTH (1966-67,
45)
BACK AND FORTH
(1968-69, 52)
SEE YOU LATER/AU REVOIR
(1990. 18)
Jeudi 30 janvier, Spoutnik, à 21h
CORPUS CALLOSUM
(2001, 92')
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