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Pascal Marti : Il
sait, quand il te parle du plan ou quand tu fais le plan, ce quil
va y avoir au son. Il dit : Là au son, il y aura ça et à
larrivée,
tu retrouves tout ça tel quil te lavait raconté.
Cest vrai quau tournage cest le seul type qui parle
du son.
Dominique Hennequin : Et dailleurs
au mixage, il parle beaucoup des travellings, de limage, de la photo
et du cadre. Du cadre sans arrêt ! Il
y a des choses qui paraissent hallucinantes alors que tout est travaillé,
très travaillé. Si on veut analyser, on peut sen apercevoir
image
après image...
Pascal Marti : Cest un vrai style,
comme un style dauteur, décrivain qui cherche où
on met la virgule et quel mot on emploie.
Yann Dedet : Il ny a quà
voir dailleurs comment il tourne. Quasi systématiquement
en plan-séquence, et dun plan-séquence, il fait quatre
plans. Il les tourne de cette façon pour avoir une inspiration
sur lensemble et puis il monte linspiration par bouts, avec
des points de
suspension, des virgules. Quand il fait un plan, ce plan déclenche
une sensation et cette sensation, il ne la respecte plus dans son entier.
Il
en fait plusieurs versions. Il la pousse à fond. Il la tord dans
tous les sens. Il ny a pas un plan fixe dans le film, tout est dans
le
mouvement, ce qui amène une complexité à fabriquer
chaque plan, à le faire exister, et puis après il va plus
loin en le cassant. Il nhésite
pas dans un plan-séquence quand il y a un peu de mou à sucrer
six images. Cest un truc extrêmement rare.
Pascal Marti : Je trouve que ça, cest
respecter lémotion du plan.
Dominique Hennequin : Ce qui est étonnant
cest quaprès un montage qui est fait photogramme par
photogramme, au bout de plusieurs
mois, alors quon était au mixage, Jean-François a
supprimé un plan parce quun pékin (en loccurrence
moi) a trouvé que ce plan était idiot.
Yann Dedet : Je me souviens très bien
que tu nous a fait sucrer ce plan parce quil ny avait pas
didée de son dessus et nous en étions
ravis.
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