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| PASSE-MONTAGNE | ||
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Première mise en scène de Jean-François Stévenin, Passe-montagne "aère" quelque peu le jeune cinéma français, le redynamise tout au moins, le sort de ses habitudes de cloisonnement culturel, dans un plein vécu avec le réel et la nature, dans la réalité spécifique d'une région, le Jura. Et aussi, précisément, parce que cette "mise en extérieur" n'est pas qu'une simple transposition de cadre, un simple transfert de préoccupations sous d'autres cieux, dans d'autres décors un peu comme si, pour parodier l'humour par l'absurde d'Alphonse Allais, on se mettait à construire les villes à la campagne. Mieux, Passe-montagne pousse même cette négation jusqu'à être, dans son propos, l'opposition des deux univers. Dans une voie non manichéenne, mais fabulesque, ou plutôt allégorique. Une sorte de version XXe siècle du "Rat des villes et le rat des champs", moralisme en moins.
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| de Jean-François Stévenin (France, 1978, 110') | ||
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C'est bien deux modes de vie différents
que représentent Georges le parisien et Serge le jurassien, l'homme-nature.
Georges, c'est Jacques Villeret, jeune comédien dont l'embonpoint
et le talent ont déjà été découverts
et utilisés par Claude Lelouch, d'abord en rôles secondaires,
puis en vedette (Robert et Robert), et dont c'est ici la meilleure création
au cinéma à ce jour. Serge, c'est Jean-François Stévenin
lui-même, qui se place donc à la fois derrière et
devant la caméra, après avoir "fait l'acteur"
ces dernières années dans des courts métrages (notamment
de Marie-Geneviève Ripeau) et surtout dans des films de François
Truffaut, dont il fut souvent l'assistant. Visiblement, le cinéma
pour lui n'est pas vécu comme une fonction, avec ses délimitations
professionnelles, mais bien comme une aventure, comme une forme de vie
à la recherche plus de soi et de certaines vérités
essentielles que d'une filmographie compacte, un peu comme certains "indépendants"
américains, dont surtout John Cassavetes (si ce n'était
la crainte d'outrepasser certaines proportions, on pourait aussi évoquer
Orson Welles).
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| avec Jacques Villeret et Jean-François Stévenin | ||
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Son "écologisme" ne se traduit pas en termes d'affrontement,
idéologique ou moral, mais en termes de cheminement vers une parfaite
intégration, une osmose. Comme aurait pu le faire un Bertrand Tavernier
dans ce qu'il a encore de mieux et dans un principe qui lui est
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