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| H Story | ||
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Troisième film de Nobuhiro Suwa, et second
à être distribué en France après le déjà
exceptionnel M/Other, H story est un paradoxe fait film, un constant rapprochement
des contraires.
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| de Nobuhiro Suwa (Japon, 2001,112) | ||
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Si Hiroshima appartient à l'Histoire, vouloir raconter tout de même la ville-martyre équivaut à revenir au film de Resnais, passage obligé. H story comporte trois niveaux distincts : la reprise de séquences dialoguées du film de Resnais, l'histoire du tournage de ce remake, puis l'histoire de la relation muette de Dalle avec un de ses partenaires japonais, consécutive à sa fuite hors du plateau et à l'arrêt du remake comme de son making of. Construction ô combien vertigineuse, mais qui s'oublie tant elle s'incarne à travers les corps des comédiens, eux-mêmes déployés dans des blocs de durée, où le texte de Duras commence par gagner une puissance abstraite qu'on ne lui soupçonnait pas, comme s'il était de partout et de toujours, sans lieu ni date, vraiment immortel. Dans des chambres et des couloirs d'hôtel, Dalle dit sublimement ce texte sublime, avec la beauté lasse et irrésistible du poids de ses années de cinéma. Le film bascule en mettant en scène sa faillite, lors d'une interminable nuit de tournage, quand Dalle se met à jouer son échec à interpréter un rôle soudain trop lourd. Séquence magnifique et condensé conjuratoire de toutes les peurs de Suwa face à son projet. Après cette séquence cruciale du night-club, le film se fait de plus en plus silencieux, et l'errance de Dalle et son compagnon à travers la ville d'aujourd'hui succède aux monologues durassiens et aux espaces clos.
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| avec Béatrice Dalle, Kou Machida, Hiroaki Umano | ||
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Le film s'ouvre alors en grand, pour se prêter
à tout ce qu'on voudra bien y projeter. C'est en accompagnant la
fugue de son interprète principale que H story devient vraiment
un grand film. Parce qu'il lui faut soudain être digne de sa liberté
acquise de haute lutte. Qu'inventer alors sinon toujours plus de liberté
? Et c'est ainsi que Suwa parvient enfin à filmer sa ville natale,
se précipitant dans un no man's land où il lui faut tout
réinventer. La mise en danger est maximale, le pari d'une audace
insensée et le gain immense. Au spectateur qui connaît toutes
les histoires, et au cinéma si las de lui-même, Suwa ne propose
rien moins que son appétit de renouveau, son espérance presque
primitive que restituer le mouvement même de la vie est encore chose
possible, à Hiroshima comme ailleurs. |
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