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| L'HOMME PINGOUIN | ||
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Ce portrait est un petit chef-duvre dhumour noir quirrigue une veine toute surréaliste. Magritte, ses questions métaphysiques et sa dérision, ne sont pas loin. Mais ce film, composé de neuf courts chapitres, trahit à légard de ses personnages une grande sensibilité ainsi quune touchante tendresse. Freddy, alias « le pingouin », récolta son étrange surnom à la suite dun accident militaire. Depuis, une jambe plus courte que lautre loblige à cette étrange claudication qui rappelle la démarche de ces drôles doiseaux peuplant les régions arctiques.
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| de Jean-Marc Vervoort (Belgique, 1996, 28 min, version française) | ||
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Lhomme gardien de musée de son état amassa dès lors la plus importante collection de manchots connue à ce jour. De fait, un rêve harcèle Freddy : devenir, ou plutôt se réincarner en son animal fétiche. Ce sera sa façon de prendre la clé des champs et de fuir une réalité des plus sombres. Un premier novembre pluvieux, lhomme livrera son secret : en douze ans, il a perdu six personnes de sa famille, soit trois filles de son premier mariage ainsi que lépouse dalors et deux filles du second. Doù sa passion pour la bière ; sa séparation davec sa femme actuelle ; et cette étrange solitude peuplée dune armée silencieuse doiseaux en frac, dans toutes les matières et les formats imaginables. Le film opte pour une habile distanciation qui ne se départ pas dune certaine tendresse. Des cadrages précis, des plans larges, et un noir et blanc contrasté composent une image soignée. Lapparente rigidité du dispositif laisse, cependant, une grande liberté aux personnages. Car Freddy sera bientôt accompagné de Tony, autre buveur de bière invétéré, puis de « Monsieur le curé », auquel notre protagoniste viendra demander si son désir de réincarnation est viable. Tout cela tiendrait dune comédie de Pagnol transposée dans le plat pays sil ne sagissait pas dune réalité douloureuse.
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Jean-Marc Vervoort jamais ne sappesantit
et révèle dans le réel la part de fiction quil
recèle. Cette comédie humaine avec ses cercles dantesques
son enfer, son purgatoire et son paradis est un savoureux
et troublant voyage entre réel et imaginaire. Pour notre personnage,
il est peut-être trop tard, pour nous, il sagit de déceler,
sous lironie, la compréhension et la compassion.
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