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MEAT |
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La clarté formelle de Meat tient pour beaucoup à
la linéarité de son sujet : du buf dans la prairie
au hamburger dans le filet de la ménagère, lordre
des opérations est rigoureux, nécessaire et inévitable ;
il commande donc aussi la succession des images. Il y a la chaîne
zoologique et ses avatars historiques : des massacres de bisons du
siècle dernier (quévoque inévitablement le
premier plan) à lapprovisionnement quotidien des familles
en steaks (aux abattoirs modernes : Meat, le film) ; et litinéraire
de la métamorphose du veau en hamburger, les différentes
étapes qui assurent le passage de la bête à lhomme :
pâturages, enclos, ventes aux enchères, infrastructures de
transports, chemin de fer et camions, enfin les abattoirs, le centre du
film. Lordre machinique de léquarrissage, de labattage
des bêtes à leur dépeçage complet, délimite
une autre chaîne, celle de la division et du morcellement du travail
humain, dune succession sanguinaire de machines-outils et de postes,
dhommes réduits à lexécution dun
geste, à nêtre quun moment partiel dun
procès qui change avec les espèces. La division technique
du travail se prolonge elle-même dans la hiérarchie sociale
et lopposition du capital et du salariat. |