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Du documentaire à la fiction
Pour un film de fiction, le travail est différent. Dans le documentaire,
une fois que jai accumulé des heures dimages, cest
au montage quintervient un thème fédérateur.
Avec La dernière lettre cest exactement le contraire; le
thème était déjà là, et un texte puissant.
Cétait à la fois une sécurité et un
risque, parce que le texte de Grossman, quelques pages de son roman Vie
et destin, est magnifique, mais quil imposait son ordre. Ainsi,
jai décidé de le filmer dans sa chronologie. En tout,
48 séquences dont chacune fut tournée avec une seule caméra
mais sous plusieurs angles. Ce sont les variations de lumière sur
le visage de Catherine qui réglaient ces changements jusquà
créer une alchimie entre son visage et les ombres.
Vous avez aussi choisi le noir et blanc?
Je ne vois pas ces textes dits en couleur. Jai vu, juste après
la guerre, les actualités filmées: louverture des
camps de concentration mais aussi des exécutions, des horreurs,
extraites des archives nazies. La mémoire de cette époque
est en noir et blanc. Plutôt noir que blanc. Et le noir et blanc
me paraît plus complexe que la couleur, plus nuancé, moins
distrayant. (...)
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